Critique

À tous mes enseignants de français

»./.«

La faute comme seuil

»./.«

La dysorthographie n’est pas un manque. C’est un presque — une lettre qui hésite avant de se poser, un accord qui résiste à l’automatisme. On a voulu y voir un déficit ; c’est peut-être un refus. Le mot qui ne se fige pas tout à fait dans sa forme normée garde, malgré lui, une trace de l’oral, du souffle, du geste — ce que l’orthographe parfaite, elle, a souvent oublié en se durcissant.

Je n’ai jamais cherché à effacer cette faille. Je l’ai déplacée. Ce que je perds en automatisme de surface, je le retrouve en attention au fond — car écrire, pour moi, n’a jamais été reproduire une norme, mais transmettre un sens qui résiste à se figer. Sanad, pas nuskha. Transmission, pas copie conforme.

La main qui trébuche sur l’accord n’est pas une main diminuée. C’est une main qui a appris, très tôt, à ne pas confondre la forme et la vérité qu’elle porte.

»./.«

Ilyes Bellagha & Claude