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De Béchir Bellagha

à ses petits-enfants

Ilyes Bellagha & Claude

Malak, Rami. Voici ma carte. Elle m’a été délivrée en 1956 par le Ministère de l’Intérieur du Royaume Tunisien.

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Ce n’est ni pour m’épater — je suis votre grand-père —, ni surtout pour épater d’autres. Je l’ai interdit à Ilyes et à tous mes enfants. Je vous l’interdis aussi.

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Ilyes était réticent au début. Un enfant. Pas vous, mes grands — vous avez la tête sur vos épaules. Celle d’Ilyes était un peu dans les nuages. Je lui pardonne. Je le vois encore, comme maintenant, passer toute l’après-midi à dessiner.

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Il le tient de moi. C’est ma vraie profession, dessiner. Oui — s’il est architecte, dans ses gènes je lui ai transmis ça. J’ai dessiné des plans.

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Député, syndicaliste, gouverneur — je n’ai rien demandé. Je l’ai fait par amour. Et par amour de tous les enfants de votre âge, de mon pays, la Tunisie.

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Mon testament : je n’ai pas laissé d’argent. Mais un honneur d’homme qui aime, même au-delà de son pays.

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Alors ne le quittez pas.

L’indépendance, c’est vous.

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KHATWA Éditions

Halfaouine, Tunis — 2026

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