Quand le sage montre la lune, l’imbécile regarde le doigt
Par Ilyes Bellagha
Il est une pathologie tunisienne, particulièrement virulente au sein de nos institutions sclérosées, qui consiste à préférer l’écume à l’océan, le détail au dessein, le doigt à la lune.
Alors que nous approchons du 22 mai, date qui doit marquer l’avènement de l’Architecte Citoyen, je vois s’agiter les gardiens du temple vide. Ils s’excitent sur des procédures, se déchirent pour des présidences de commissions et s’étripent dans une logique binaire de clans : « Si tu n’es pas avec nous, tu es contre nous ».
C’est le spectacle désolant de l’imbécile qui regarde le doigt alors qu’on lui montre l’astre.
La Lune : L’Architecture du Sens
Ce que je montre, avec le Bureau d’Auteur – Temple du Sens, c’est l’urgence absolue d’une refonte de notre cadre de vie. La lune, c’est cette Tunisie qui étouffe sous la laideur, c’est cette justice spatiale bafouée, c’est l’architecte réduit à un rôle de « signataire » dans une chaîne de corruption et de mépris (la Hogra).
La lune, c’est le passage de l’architecture administrative à l’architecture de l’existence.
Le Doigt : Les Querelles de l’Ordre
L’imbécile, lui, regarde le doigt. Il commente ma démission passée comme si elle était une fuite, alors qu’elle était un déploiement. Il analyse mes statuts Facebook à la recherche d’une allégeance qu’il ne trouvera jamais. Il s’inquiète de savoir si je vais « voter » pour le clan A ou le clan B.
Qu’il soit clair pour tous : je n’ai que faire de vos jeux de chaises musicales. Vos clans ne sont que les deux faces d’une même pièce dévaluée. L’un veut gérer le déclin avec politesse, l’autre veut le précipiter avec fracas. Aucun ne propose de briser la chaîne.
Le Rendez-vous du 18 et du 22
À ceux qui sont encore capables de lever les yeux vers l’horizon, je donne rendez-vous. Le 18 mai à Verand’Art, nous ne discuterons pas de « listes électorales », mais de logistique de combat. Nous préparerons le Grand Sit-in des Sens.
Le 22 mai, devant le siège de l’OAT, nous ne serons pas là pour choisir un maître, mais pour affirmer notre droit au plaisir d’exister.
Le doigt peut bien s’agiter, trembler ou pointer du doigt l’insolent que je suis. Peu importe. La lune est là, immense et inévitable. Et le 22 mai, elle éclairera enfin ceux qui ont eu le courage de ne pas détourner le regard.
« Joindre l’agréable à l’utile : l’architecture du sens commence par le plaisir d’exister. »