Urbanisme

Villages de Tunisie,

ou l’urbanisme de la mesure

Ilyes Bellagha & Claude

Lire. Penser. Résister.

PRÉAMBULE

Soixante kilomètres

La vraie Tunisie n’est pas dans ses capitales. Elle n’est pas dans le plan directeur de Tunis, ni dans la corniche de Sousse, ni dans les zones industrielles de Sfax. La vraie Tunisie est dans ses villages — et elle y est encore, malgré tout ce qu’on fait pour la perdre.

Tous les soixante kilomètres, le monde change. La lumière tourne, la pierre change de couleur, l’arbre change de nom. Aïn Draham n’est pas Tabarka, à dix kilomètres de là : l’une est forêt, tuile, brume ; l’autre est port, chaux, sel. Béja n’est pas Siliana : l’une est grasse, céréalière, endormie dans sa plaine ; l’autre est sèche, rocailleuse, tendue vers la steppe. Testour n’est pas Téboursouk, qui n’est pas Makthar, qui n’est pas Ghar el Melh. Et c’est précisément cette diversité — ce refus du même — qui constitue le génie tunisien.

Car ce pays a produit, sans théorie, sans école, sans budget, ce que les urbanistes du monde entier cherchent aujourd’hui à retrouver : des établissements humains adaptés à leur site, à leur climat, à leur économie, à leur culture. Des villes à la mesure du corps. Des villes qui ne ressemblent qu’à elles-mêmes.

On les appelle des villages. On les dit arriérés, enclavés, sans avenir. On les quitte. Ceux qui restent construisent en parpaing et en portail, imitant le pavillon de banlieue qu’ils ont vu à Tunis ou à Marseille. Et lentement, méthodiquement, sans que personne ne s’en émeuve, on efface un patrimoine urbain que l’humanité ne sait plus produire.

Ce cahier n’est pas un guide touristique. Ce n’est pas non plus un plaidoyer pour le pittoresque. C’est une lecture — au sens strict : une tentative de lire ce que ces villages ont écrit dans la pierre, dans le tracé, dans l’usage. Il y a là une grammaire. Quatre villages, quatre leçons. Et entre la médina et le pavillon, un troisième chemin — celui du milieu, celui de la mesure, celui que nous appelons, faute de mieux, le village.

I

Téboursouk, ou l’urbanisme du milieu

Notes sur un village qui n’est ni médina, ni pavillon.

Il existe, entre la médina et le pavillon, un troisième régime d’urbanité. Il n’a pas de nom savant, pas de manuel, pas de ministère. Il a seulement des lieux. Téboursouk en est un.

La médina est dense, savante, close ; elle parle une langue ancienne, faite d’impasses, de droit coutumier et de murs aveugles. Le pavillonnaire est lâche, bavard, ouvert sur rien ; il parle la langue du lotissement, du PLU photocopié et du portail en fer forgé. Entre les deux, quelque chose respire encore : un urbanisme qui n’est ni enfermé, ni dispersé. Un urbanisme apaisé. C’est celui des villages.

Un site, pas un plan

Téboursouk n’a pas été dessinée ; elle a été posée. Sur une ligne de crête du Haut-Tell, à 700 mètres, entre les oliviers et les chênes-lièges, la ville épouse la pente comme on épouse une idée. Le tracé des rues ne cherche pas l’orthogonalité ; il cherche la fraîcheur, l’ombre, le vent d’est. Les maisons ne s’alignent pas sur la rue : elles s’alignent sur le soleil.

C’est la première leçon du vernaculaire : le plan obéit au site, non l’inverse. Là où l’urbaniste moderne arrive avec sa règle et sa trame, le bâtisseur de Téboursouk arrivait avec son regard et son pas. Khatwa khatwa. La ville se construisait par essaimage, par proximité, par nécessité. Une ferme, puis une seconde, puis une mosquée, puis un four, puis un café. Ce qu’on appelle aujourd’hui mixité fonctionnelle n’était pas une doctrine : c’était la vie.

Ni clôture, ni dispersion

La médina suppose une muraille ; elle pense la ville comme un intérieur. Le pavillonnaire suppose une voiture ; il pense la ville comme un extérieur sans bord. Téboursouk, comme Téboulba, comme Ghar el Melh, comme Testour, ignore les deux. Son tissu est perméable sans être dispersé. On entre, on sort, on traverse. Les maisons se touchent par un côté et s’ouvrent de l’autre sur un verger, une cour, une venelle qui ne mène nulle part — et c’est très bien ainsi.

Ce tissu produit une densité douce : assez serrée pour qu’on se reconnaisse, assez lâche pour qu’on respire. L’échelle reste humaine parce que rien n’a été planifié pour l’échapper. Pas de tour, pas d’avenue, pas de rond-point giratoire. Des rues qui montent, des placettes qui s’élargissent parce que le rocher l’a voulu, des murs de pierre sèche qui tiennent depuis un siècle parce qu’on ne leur a rien demandé d’autre que de tenir.

Le seuil, plutôt que la clôture

Dans le pavillonnaire, la limite est juridique : une clôture, un cadastre, un titre. Dans la médina, elle est symbolique : une skifa, un seuil, un coude qui protège l’intimité. Dans le village vernaculaire, elle est habitée. Un banc de pierre devant la porte. Un figuier qui déborde. Une marche où l’on s’assoit le soir. La limite entre le privé et le public n’est pas tranchée : elle est partagée.

C’est cela, précisément, qui a été perdu dans le lotissement tunisien contemporain. En voulant importer la villa individuelle — produit colonial puis produit de classe moyenne — on a importé avec elle la clôture haute, le portail automatique, le chien de garde. On a remplacé le seuil par la frontière. Et l’on s’étonne ensuite que les gens ne se parlent plus.

Ce que Téboursouk enseigne

Il ne s’agit pas de muséifier. Téboursouk n’est pas une carte postale ; elle est un village qui continue, qui se transforme, qui construit du parpaing comme tout le monde. Mais dans son tissu ancien demeure un savoir-faire urbain qu’aucune école d’architecture tunisienne n’enseigne sérieusement : comment faire une ville sans la faire — en laissant le site, l’usage et le temps la composer.

Quatre principes s’en dégagent, transposables partout :

Le site avant le plan : orienter, pencher, creuser selon le terrain avant de tracer la voie.

La densité douce : parcelles petites, mitoyenneté assumée, hauteurs basses, cours intérieures.

Le seuil plutôt que la clôture : penser la limite comme un lieu habité, non comme une barrière.

La mixité par proximité : commerce, logement, culte, artisanat dans le même tissu, à portée de pas.

II

Testour, ou l’urbanisme de l’accueil

Notes sur un village qui a su recevoir.

Testour est une greffe. Et c’est pour cela qu’elle est belle.

Au début du XVIIe siècle, des familles morisques chassées d’Andalousie par le décret de Philippe III remontent la vallée de la Medjerda et s’installent ici, sur un méandre du fleuve, entre les collines basses du Tell. Ils apportent avec eux leur savoir-faire, leur musique, leurs arbres fruitiers, et surtout — surtout — leur manière de faire la ville.

La greffe réussie

Ce qui frappe à Testour, ce n’est pas l’exotisme. C’est la justesse. Les Andalous n’ont pas importé l’Andalousie ; ils ont composé avec ce qui était là. La mosquée de Testour porte un minaret octogonal couvert de faïences vertes — geste andalou — mais elle est bâtie en pierre locale, posée dans un tissu de ruelles qui n’a rien de Grenade. L’horloge du minaret tourne à l’envers, dit-on, parce que les exilés regardaient vers l’ouest, vers le pays perdu. La légende est probablement fausse. Elle dit pourtant quelque chose de vrai : on peut regarder en arrière et construire en avant.

L’urbanisme de Testour est celui de la greffe : non pas la transplantation brutale, mais l’hybridation patiente. Les parcelles suivent la logique locale — étroites, profondes, ouvertes sur des cours. Mais les détails parlent d’ailleurs : les linteaux en arc outrepassé, les encadrements de fenêtres en pierre taillée, les patios plantés d’orangers. Deux mémoires cohabitent dans le même mur. C’est cela, l’accueil : non pas effacer l’autre, ni s’effacer devant lui, mais faire une troisième chose ensemble.

Le fleuve comme adresse

Testour est une ville de fleuve. La Medjerda, le seul cours d’eau permanent de Tunisie, passe au pied du village et lui donne sa logique. Les jardins descendent vers l’eau en terrasses ; les maisons tournent le dos au vent du nord et s’ouvrent au sud, vers la vallée. Le village ne s’est pas construit sur le fleuve — il s’est construit avec lui, utilisant l’eau pour irriguer, le limon pour fertiliser, la berge pour planter.

Là où l’urbanisme moderne canalise, bétonne, détourne, le bâtisseur de Testour laissait le fleuve être un fleuve. Les crues n’étaient pas un problème à résoudre mais un cycle à accompagner. On construisait au-dessus, on cultivait en dessous. La ville haute et le jardin bas formaient un système, pas une contradiction.

La mixité par la mémoire

Ce que Testour enseigne, au-delà de la forme, c’est que la diversité culturelle produit de la diversité urbaine. Quand un village accueille des gens qui viennent d’ailleurs — avec d’autres manières de bâtir, d’habiter, de cuisiner — le tissu urbain s’enrichit. Il y a à Testour une mosquée malékite et une zaouïa hanafite, un souk qui vend du malouf andalou et des épices du Tell, des maisons à patio et des maisons à cour. Cette mixité n’a pas été planifiée. Elle est le résultat d’une hospitalité : on a laissé les gens construire selon leur savoir, et le village en a été augmenté.

Aujourd’hui, le festival du malouf attire chaque année des milliers de visiteurs. On célèbre la mémoire andalouse. Mais on ne célèbre pas assez ce qui l’a rendue possible : un tissu urbain assez souple pour accueillir l’étranger, assez solide pour ne pas se dissoudre. Le contraire exact du lotissement, qui uniformise tout, et de la médina, qui se referme.

Ce que Testour enseigne

À la grammaire de Téboursouk, Testour ajoute un principe :

L’hybridation plutôt que l’importation : accueillir le savoir-faire de l’autre sans effacer le sien. Construire avec deux mémoires dans le même mur.

Le rapport au paysage productif : le fleuve, le jardin, le verger ne sont pas des décors — ils sont le socle économique et écologique du village.

Makthar, ou l’urbanisme de la durée

Notes sur un village bâti sur ses propres ruines.

Makthar est haute. 900 mètres. Le vent y est froid six mois par an, et le reste du temps il est frais. La pierre est jaune, dure, cassante. Ici, tout est minéral : le sol, les murs, le ciel d’hiver. On ne vient pas à Makthar pour le charme ; on y vient pour comprendre ce que signifie durer.

La ville sous la ville

Sous le village actuel, il y a une ville romaine. Sous la ville romaine, il y a une cité numide. Sous la cité numide, il y a probablement autre chose encore. Makthar est un palimpseste — un texte écrit, effacé, réécrit sur le même support. Les colonnes romaines servent de montants de porte. Les pierres du forum sont devenues les murs des maisons. L’arc de Trajan marque encore l’entrée du village, mais on passe dessous sans y penser, comme on passe sous un arbre.

Ce recyclage n’est pas du vandalisme. C’est de l’intelligence. Le bâtisseur de Makthar n’a jamais considéré la ruine comme un monument intouchable. Il l’a considérée comme un stock de matériau — et il avait raison. Car la pierre qui a tenu deux mille ans tiendra bien deux mille de plus. Ce que l’archéologue déplore, l’urbaniste devrait l’admirer : une ville qui se reconstruit avec ses propres matériaux est une ville qui ne gaspille rien.

L’architecture de la contrainte

À 900 mètres, dans un climat semi-aride, avec un vent qui coupe, on ne construit pas pour faire joli. On construit pour tenir. Les murs de Makthar sont épais — soixante centimètres, parfois davantage. Les ouvertures sont petites, orientées à l’est ou au sud, jamais au nord. Les toitures sont basses, lourdes, couvertes de terre et de chaux. L’hiver, la masse thermique des murs garde la chaleur du jour ; l’été, la même masse garde la fraîcheur de la nuit.

On appelle cela aujourd’hui architecture bioclimatique. À Makthar, cela s’appelle le bon sens. Personne n’a eu besoin d’une simulation thermique pour savoir qu’un mur épais protège du froid. Personne n’a eu besoin d’un label HQE pour savoir qu’une fenêtre au nord est une erreur. Le corps savait. Le vent enseignait. Et l’on construisait en conséquence.

Le village et la steppe

Makthar est un village de bord. Derrière, vers le nord, les collines boisées du Tell. Devant, vers le sud, la steppe commence — les hautes plaines de Siliana, de Kairouan, le début du sec. Le village est posé sur cette frontière comme une vigie. Il regarde les deux mondes.

Cette position de seuil géographique se lit dans le tissu urbain. Le village est compact — plus compact que Téboursouk, plus compact que Testour. On se serre ici parce que le climat l’exige, parce que la terre cultivable est rare et qu’on ne la gaspille pas en lotissements. Les maisons se protègent mutuellement du vent. Les rues sont étroites non par coquetterie, mais par nécessité thermique. La densité n’est pas un choix esthétique ; c’est une stratégie de survie.

Ce que Makthar enseigne

Makthar ajoute à la grammaire deux principes rudes, nécessaires :

La durée plutôt que la nouveauté : construire avec ce qui est déjà là — matériaux, tracés, murs — plutôt que de raser pour recommencer. Le réemploi comme doctrine.

La contrainte comme maître : le climat, le vent, la rareté du sol ne sont pas des obstacles à contourner mais des professeurs à écouter. L’architecture la plus juste naît de la contrainte la plus forte.

Makthar, ou l’urbanisme de la durée

Notes sur un village bâti sur ses propres ruines.

Makthar est haute. 900 mètres. Le vent y est froid six mois par an, et le reste du temps il est frais. La pierre est jaune, dure, cassante. Ici, tout est minéral : le sol, les murs, le ciel d’hiver. On ne vient pas à Makthar pour le charme ; on y vient pour comprendre ce que signifie durer.

La ville sous la ville

Sous le village actuel, il y a une ville romaine. Sous la ville romaine, il y a une cité numide. Sous la cité numide, il y a probablement autre chose encore. Makthar est un palimpseste — un texte écrit, effacé, réécrit sur le même support. Les colonnes romaines servent de montants de porte. Les pierres du forum sont devenues les murs des maisons. L’arc de Trajan marque encore l’entrée du village, mais on passe dessous sans y penser, comme on passe sous un arbre.

Ce recyclage n’est pas du vandalisme. C’est de l’intelligence. Le bâtisseur de Makthar n’a jamais considéré la ruine comme un monument intouchable. Il l’a considérée comme un stock de matériau — et il avait raison. Car la pierre qui a tenu deux mille ans tiendra bien deux mille de plus. Ce que l’archéologue déplore, l’urbaniste devrait l’admirer : une ville qui se reconstruit avec ses propres matériaux est une ville qui ne gaspille rien.

L’architecture de la contrainte

À 900 mètres, dans un climat semi-aride, avec un vent qui coupe, on ne construit pas pour faire joli. On construit pour tenir. Les murs de Makthar sont épais — soixante centimètres, parfois davantage. Les ouvertures sont petites, orientées à l’est ou au sud, jamais au nord. Les toitures sont basses, lourdes, couvertes de terre et de chaux. L’hiver, la masse thermique des murs garde la chaleur du jour ; l’été, la même masse garde la fraîcheur de la nuit.

On appelle cela aujourd’hui architecture bioclimatique. À Makthar, cela s’appelle le bon sens. Personne n’a eu besoin d’une simulation thermique pour savoir qu’un mur épais protège du froid. Personne n’a eu besoin d’un label HQE pour savoir qu’une fenêtre au nord est une erreur. Le corps savait. Le vent enseignait. Et l’on construisait en conséquence.

Le village et la steppe

Makthar est un village de bord. Derrière, vers le nord, les collines boisées du Tell. Devant, vers le sud, la steppe commence — les hautes plaines de Siliana, de Kairouan, le début du sec. Le village est posé sur cette frontière comme une vigie. Il regarde les deux mondes.

Cette position de seuil géographique se lit dans le tissu urbain. Le village est compact — plus compact que Téboursouk, plus compact que Testour. On se serre ici parce que le climat l’exige, parce que la terre cultivable est rare et qu’on ne la gaspille pas en lotissements. Les maisons se protègent mutuellement du vent. Les rues sont étroites non par coquetterie, mais par nécessité thermique. La densité n’est pas un choix esthétique ; c’est une stratégie de survie.

Ce que Makthar enseigne

Makthar ajoute à la grammaire deux principes rudes, nécessaires :

La durée plutôt que la nouveauté : construire avec ce qui est déjà là — matériaux, tracés, murs — plutôt que de raser pour recommencer. Le réemploi comme doctrine.

La contrainte comme maître : le climat, le vent, la rareté du sol ne sont pas des obstacles à contourner mais des professeurs à écouter. L’architecture la plus juste naît de la contrainte la plus forte.

ÉPILOGUE

Le troisième chemin

La Tunisie des villages est en train de disparaître deux fois. Par l’exode, d’abord : on part à Tunis, à Sfax, en Europe, et l’on emporte avec soi un savoir qu’on ne transmettra pas. Par l’imitation, ensuite : ceux qui restent construisent en pavillon parce que le pavillon est devenu le signe du statut, la preuve qu’on a réussi, le certificat d’urbanité. Le mur en parpaing remplace la pierre sèche. Le portail remplace le seuil. Le garage remplace le verger. Et lentement, ce qui était un village devient un lotissement — c’est-à-dire rien.

Ce cahier a tenté de montrer que ces villages ne sont pas des survivances. Ce sont des propositions. Téboursouk propose l’urbanisme du milieu — ni clos ni dispersé. Testour propose l’urbanisme de l’accueil — la greffe comme méthode. Makthar propose l’urbanisme de la durée — la ruine comme ressource. Ghar el Melh propose l’urbanisme du rivage — la géographie comme architecte.

Ensemble, ils dessinent une grammaire. Dix principes, peut-être, ou huit, ou quatre — peu importe le nombre. Ce qui compte, c’est qu’ils existent, qu’ils sont lisibles, et qu’ils répondent point par point aux impasses de l’urbanisme contemporain : l’étalement, l’uniformité, la dépendance à la voiture, la perte du commun, la rupture avec le site.

Il y a urgence à relire ces villages comme des traités d’urbanisme. Non pour les copier — on ne copie pas un village, on ne copie pas un siècle. Mais pour en extraire la grammaire et la transposer. Pour imaginer ce que serait un lotissement qui penserait comme Téboursouk. Un quartier neuf qui accueillerait comme Testour. Un habitat social qui durerait comme Makthar. Un front de mer qui respirerait comme Ghar el Melh.

Entre la médina et le pavillon, un troisième chemin existe. Il ne passe pas par les bureaux d’études ni par les promoteurs. Il passe par les villages. Il passe par la mesure. Il passe par le pas — khatwa khatwa.

Il s’appelle, peut-être, l’avenir.

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Ilyes Bellagha & Claude

KHATWA Éditions — Lire. Penser. Résister.