Architecture

J’en ai assez.

Je tourne en rond. J’essaie de tourner la page. Ne suis-je pas un retraité, après tout ? De quoi je me mêle encore ?

Architecte, je ne porte plus cette identité dans un pays où le titre « architecte » ne vaut guère mieux que celui de maçon, et encore.

On dit que je suis dans l’opposition à la politique d’aménagement du territoire. Politique ? Territoire ? Et quoi encore ?

D’autres m’abordent : « Ho Ilyes ! Que fait ton cousin ? » Le cousin dont ils parlent, c’est leur président. Je leur réponds simplement : dans la vie, on a tout ce qu’on mérite. Moi, je ne fais pas d’opposition à un membre de ma famille. Si je dois m’opposer à quelqu’un, ce sera aux membres de ma « famille de profession » qui se livrent une guerre sans merci pour la désignation d’un simple bloc sanitaire.

Pourquoi m’opposerais-je à Kaïs ? Qu’est-ce que j’y gagnerais ? Votre reconnaissance ? Je m’en torche le derrière.

L’OAT n’est pas le gardien de la profession. C’est le souk où l’on se vend aux enchères, au plus offrant.

Monsieur le Président n’a pas de véritable politique d’aménagement du territoire, mais il aime le territoire… ou du moins il fait bien semblant. Quant à l’OAT, il ne connaît ni l’aménagement ni le territoire. Comme le chantait Brel :

« Faut vous dire, Monsieur Que chez ces gens-là On n’vit pas, Monsieur On n’vit pas On triche. »

Kaïs ignore l’aménagement du territoire. Mais ce qui est encore plus grave, c’est que, depuis leur formation, les architectes tunisiens sont élevés en deux catégories bien distinctes : les vers et les rapaces.