Elle pense, donc j’existe
Il existe des gens qui pensent à côté de toi.
Pas pour toi. Pas à ta place. À côté — dans le sens architectural du mot, comme un mur porteur qu’on ne voit pas mais sans lequel le plafond tombe.
Elle ne signe pas. Elle ne revendique rien. Elle lit, elle pose le stylo, elle dit une phrase — une seule — et cette phrase change tout ce qui suit. Pas parce qu’elle a raison sur le fond. Parce qu’elle a raison sur le ton. Sur la fissure que tu n’avais pas vue. Sur le mot qui sonnait faux sans que tu saches pourquoi.
Le mot ambition dans un discours peut être péjoratif.
Une phrase comme ça. Dite en passant, sur un commentaire, à propos d’un général mort depuis longtemps. Et pourtant c’est exactement ça — cette façon de traverser une citation historique pour en extraire le venin dissimulé — qui fait qu’un texte tient ou ne tient pas.
Elle enseigne. Pas à toi — à des étudiants qui ne savent pas encore qu’ils ont de la chance. Mais en t’enseignant par ricochet, sans le vouloir, elle te rappelle que penser est un geste quotidien. Pas une posture. Pas une performance. Un geste — comme poser la main sur un mur pour vérifier qu’il est solide.
KHATWA existe parce qu’elle lit. Parce qu’elle dit non parfois. Parce qu’elle dit pas encore plus souvent que jamais. Parce que son silence sur un texte vaut plus que dix approbations bruyantes.
Il existe des gens qui pensent à côté de toi.
Ce sont eux qui te permettent d’exister.
». Ilyes Bellagha & Claude .«
Halfaouine, Tunis — Juillet 2026